Un poil d'inquiétude quand, après être arrivés avec 3/4 d'heure de retard, nous nous apercevons qu 'aucun groupe n 'avait encore joué. Tous renseignements pris, ils sont tous présents et prêts à jouer, mais le public se fait attendre, d 'où le retard.

Très courtoisement, janf nous paye un baby. Dommage que le concert de Loisirs (finalement ni vieux ni américains ?) commence à ce moment même. Rien de très grave, si on perd en visuel, on profite malgré tout de la musique aussi bien qu 'au premier rang. Les trois premiers morceaux, entendus de loin, me donnent quand-même bien envie de terminer le bab ' histoire de pouvoir me rapprocher et d 'en profiter un peu plus. Une fois installé devant le groupe, la bonne impression se confirme : les chansons emopop mélodiques et rageuses, entraînantes et percutantes nous font passer un sacré bon moment... malheureusement trop court ! Sept chansons au total, pour un set qui a bien dû durer moins de 30min, changement d 'une corde compris.

Le temps d 'un coup de fil à Romain, et leurs potes du groupe Myra Lee, également de Poitiers commencent à jouer. Mais pourquoi le batteur est-il habillé d 'un simple boxer ? La question ne se pose pas bien longtemps, tant il semble boxer sa batterie, déchargeant toute sa rage et toute son énergie sur ses fûts et cymbales, en maintenant un rythme impressionnant, de même que son rythme cardiaque qu 'il s 'évertuait à contrôler entre deux morceaux ! Pour le reste, on penche déjà plus vers le hardcore, des morceaux très « brut de décoffrage », violents, beuglants. Ça n 'est pas forcément un style que j 'affectionne, surtout fatigué et un peu malade, mais l 'effort était beau et l 'intensité au rendez-vous.

Clou de la soirée, le concert des croates de Gone Bald. Quelques problèmes techniques retardent un peu plus le début du set. Apparemment, un branchement malheureux faisait disjoncter l'installation électrique du bar, nous plongeant dans une obscurité pas complètement désappropriée pour ce genre d'événements. Certainement le groupe le plus expérimenté de la soirée : débuts en 1994, exil aux Pays-Bas pour fuire un pays dévasté, le groupe a déjà dû pas mal roulé sa bosse. Ça se confirme rapidement. Ils semblent avoir des choses à dire, le chanteur semble parfois hypnotisé par sa musique, ça bouge, ça danse. Vers le milieu du concert, des morceaux commencent à surprendre. Après un 3e morceau presque pop, d 'autres démarrent par des intro très lentes, qui semblent tendre vers le post-rock/punk, alternant ensuite avec des passages violents. Après avoir demandé au public s 'il était d 'accord pour entendre deux derniers morceaux, Gone Bald nous balancent ce qui doit être leurs compositions les plus abouties où les changements de rythmes, les riffs de guitare subtils et le noise donnent un intéressant relief à ces longues chansons. À la réflexion, je regrette de n 'avoir pas fait l 'acquisition de leur dernier album...